Comment mettre en place un plan d’épargne retraite efficace

La retraite approche plus vite qu’on ne le croit, et les Français le savent : préparer sa retraite ne relève plus de la option, mais d’une nécessité incontournable. Entre l’allongement de l’espérance de vie, les évolutions législatives récentes et l’incertitude entourant les régimes obligatoires, construire un plan d’épargne retraite solide devient la meilleure assurance d’une sérénité financière future. Que vous soyez salarié, indépendant ou profession libérale, il existe aujourd’hui des solutions adaptées à chaque profil, du Plan d’Épargne Retraite (PER) aux contrats d’assurance-vie, en passant par les placements diversifiés. L’enjeu réside dans la capacité à définir une stratégie d’investissement cohérente, progressive et ajustée à vos ambitions personnelles. Cet article vous guide à travers les étapes concrètes pour bâtir votre gestion de patrimoine en vue de la retraite, loin des pièges courants et des approches trop rigides.

Pourquoi construire un plan d’épargne retraite avant qu’il ne soit trop tard

L’erreur majeure que commettent les épargnants : attendre d’avoir 55 ou 60 ans pour se préoccuper de leur préparation retraite. À cet âge, le temps travaille contre vous, et chaque année perdue représente une perte considérable de rendement composé. Commencer tôt, c’est laisser l’effet de capitalisation opérer en votre faveur pendant des décennies.

Prenons un exemple concret : un épargnant de 30 ans qui verse 200 euros mensuels sur un placement affichant un rendement moyen de 4% annuels constituerait une épargne de près de 180 000 euros à 65 ans. Le même épargnant, s’il commence à 45 ans avec des versements plus importants (400 euros mensuels), n’atteindrait que 130 000 euros au même âge. L’écart souligne l’importance cruciale du temps dans la construction d’une épargne significative.

En parallèle, les régimes de retraite obligatoires font face à des défis structurels. Les réformes successives ont clairement indiqué que la retraite complémentaire issue du système public sera insuffisante pour maintenir le niveau de vie actuel. D’où l’intérêt d’anticiper et de construire progressivement un patrimoine personnel qui viendra compléter vos droits légaux.

Les conséquences financières d’une absence de préparation

Sans anticipation, les conséquences deviennent rapidement palpables. À la retraite, vous serez confronté à une réduction drastique de revenus, obligé de réduire vos dépenses ou de dépendre financièrement de votre famille. Certains sont contraints de poursuivre une activité professionnelle au-delà de l’âge légal, simplement faute de préparation.

La gestion des risques financiers à la retraite passe donc d’abord par cette étape préalable : structurer son épargne dès que possible. Le coût de l’inaction dépasse largement celui de l’action immédiate.

Définir précisément ses objectifs financiers pour la retraite

La deuxième étape pour mettre en place un plan d’épargne retraite efficace consiste à clarifier vos ambitions. Il ne suffit pas de dire « je veux avoir de l’argent à la retraite » ; il faut quantifier précisément le montant nécessaire en fonction de votre style de vie souhaité.

Commencez par évaluer vos dépenses mensuelles actuelles et imaginez celles qui persisteront à la retraite. Logement, alimentation, santé, loisirs : chaque poste de dépense doit être réfléchi. Certaines disparaîtront (transports professionnels, frais professionnels), d’autres augmenteront (santé, voyages). Un budget mensuel de 2 500 euros à la retraite, c’est un besoin annuel de 30 000 euros, soit environ 900 000 euros capitalisés sur 30 années de retraite (hors inflation).

Ajoutez à cela un coefficient de sécurité pour l’inflation. Entre aujourd’hui et votre retraite, le pouvoir d’achat aura diminué. Une hypothèse prudente table sur une inflation moyenne de 2% annuels, ce qui signifie que vos dépenses futures seront bien supérieures aux montants actuels.

Objectif de retraite Horizon temporel Capital à constituer (estimation) Stratégie privilégiée
Retraite confortable (3 000€/mois) Plus de 15 ans 1 000 000€ à 1 500 000€ Diversification : assurance-vie, PER, actions, immobilier
Retraite modérée (2 000€/mois) Plus de 10 ans 600 000€ à 900 000€ Assurance-vie, fonds euros, placements sécurisés
Complément retraite (1 000€/mois) Plus de 5 ans 300 000€ à 400 000€ PER, livrets épargne, petits placements réguliers

L’importance du bilan de situation personnelle

Avant de fixer vos objectifs, effectuez un diagnostic complet : vos revenus actuels, vos dettes, votre patrimoine existant, votre situation familiale. Possédez-vous une résidence principale qui sera payée à la retraite ? Avez-vous des héritages potentiels ? Des enfants à charge ? Chaque paramètre influe sur le montant à épargner.

Vous pouvez également consulter votre relevé de carrière auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) pour estimer votre future pension obligatoire. Ce montant servira de base, et votre épargne complémentaire viendra combler l’écart avec vos besoins réels.

Maîtriser ses finances actuelles pour dégager une capacité d’épargne

On ne bâtit rien sur du sable. Avant de chercher des placements miracles, assurez-vous de maîtriser vos flux financiers actuels. La première action concrète consiste à établir un bilan détaillé de vos revenus et dépenses mensuels.

Répertoriez tous vos revenus : salaires, revenus complémentaires, revenus locatifs, allocations. Lisez toutes vos dépenses en les catégorisant : logement, énergie, transport, alimentation, assurances, loisirs, abonnements. Les applications bancaires modernes facilitent cette tâche en catégorisant automatiquement les transactions, mais une analyse manuelle approfondie reste irremplaçable pour identifier les dépenses inutiles.

Cette transparence révèle souvent des surprises. Beaucoup découvrent qu’ils gaspillent entre 200 et 500 euros mensuels en abonnements oubliés, achats impulsifs ou dépenses mal maîtrisées. Récupérer ne serait-ce que 300 euros par mois, c’est 3 600 euros annuels à ajouter à votre épargne retraite, soit 180 000 euros supplémentaires en 50 ans avec un rendement de 4%.

Appliquer la règle du 50/30/20 et l’adapter à votre situation

La célèbre règle du 50/30/20 propose une allocation simple : 50% de revenus pour les besoins essentiels, 30% pour les plaisirs, 20% pour l’épargne. Bien que rigide, elle offre un cadre utile. Vous pouvez l’adapter : certains ménages plus âgés auront une répartition différente, d’autres avec enfants aussi.

L’essentiel est de fixer un pourcentage cible d’épargne que vous pouvez tenir durablement. Mieux vaut 15% d’épargne disciplinée que 30% qu’on abandonnera après trois mois. Progressivement, augmentez ce pourcentage à chaque augmentation salariale ou à chaque réduction de dépenses majeures.

  • Identifiez les dépenses incompressibles : loyer ou emprunt immobilier, assurances obligatoires, services essentiels
  • Réduisez les dépenses discrétionnaires : loisirs, restaurants, abonnements non-utilisés, achats impulsifs
  • Établissez un épargne planifiée : versez automatiquement un montant défini chaque mois sur un compte dédié
  • Augmentez graduellement votre taux d’épargne : à chaque augmentation salariale, consacrez au moins 50% de l’augmentation à l’épargne
  • Mettez en place un fonds d’urgence : avant même de investir pour la retraite, constituez 3 à 6 mois de dépenses en compte courant ou livret A

Sélectionner les meilleurs produits d’épargne pour votre stratégie d’investissement

Une fois votre capacité d’épargne identifiée, il s’agit de la diriger vers les placements financiers les plus adaptés. Le marché offre une palette large : du livret A sécurisé aux actions volatiles, en passant par les contrats d’assurance-vie et le Plan d’Épargne Retraite révolutionnaire.

Chaque produit possède des caractéristiques distinctes en matière de rendement, de fiscalité, de liquidité et de risque. Il n’existe pas de « meilleur » produit universel, mais plutôt le produit le plus adapté à votre profil et à votre horizon d’investissement.

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) : l’outil moderne par excellence

Créé par la loi Pacte en 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER) représente l’évolution majeure des dernières années. Contrairement aux anciens plans (PERP, contrats Madelin), le PER centralise toutes les solutions retraite en un seul produit accessible à tous : salariés, indépendants, professions libérales, chômeurs, retraités.

Le PER offre un avantage fiscal double. À l’entrée, vos versements volontaires sont déductibles de votre revenu global jusqu’à concurrence de 37 094 euros annuels maximum (ou 10% de vos revenus professionnels si c’est inférieur). Cette déduction réduit directement votre impôt sur le revenu. À la sortie, selon votre choix, vous pouvez bénéficier d’une fiscalité avantageuse, notamment une exonération partielle en capital ou un abattement important en rente.

Les versements restent bloqués jusqu’à votre retraite, sauf cas dérogatoires : achat de résidence principale, invalidité, surendettement. Cette contrainte assure une vraie discipline d’épargne.

L’assurance-vie : flexibilité et diversification

L’assurance-vie demeure le placement préféré des Français pour préparer leur retraite. Elle combine flexibilité et fiscalité avantageuse. Contrairement au PER, vous pouvez récupérer votre épargne à tout moment sans justification, bien qu’une fiscalité moins favorable s’applique en cas de retrait précoce.

Un contrat d’assurance-vie propose deux types de supports : les fonds euros (garantis en capital, rendements faibles mais sûrs) et les unités de compte (diversifiées, potentiel de rendement plus élevé, risque accru). La stratégie d’investissement optimale combine généralement les deux : un noyau dur en fonds euros pour la sécurité, et une part progressivement réduite en unités de compte pour la croissance.

L’assurance-vie brille particulièrement pour la transmission patrimoniale. Les primes versées ne font pas partie de votre succession et sont exonérées de droits au-delà de 152 500 euros par bénéficiaire (jusqu’à ce montant, imposition légère). C’est un outil de gestion de patrimoine incomparable pour léguer un capital important sans pénalité fiscale.

Les placements boursiers et ETF pour les horizons longs

Pour ceux disposant d’une épargne de long terme (15+ ans) et d’une tolérance au risque modérée à élevée, les investissements en actions ou ETF (Exchange Traded Funds) offrent un potentiel de rendement supérieur. Historiquement, les actions affichent un rendement annuel moyen de 6 à 8%, bien supérieur aux fonds euros.

Les ETF regroupent des centaines de titres en un seul produit, réduisant le risque idiosyncratique. Investir dans un ETF monde vous expose à la croissance économique globale, diversifiée géographiquement et sectoriellement. Plusieurs plateformes en ligne (courtiers, banques en ligne) permettent d’investir en ETF avec des frais très réduits.

Le piège : la volatilité court terme peut impressionner. À la retraite, il faut avoir la discipline de ne pas paniquer lors d’une baisse boursière. C’est pourquoi cette allocation convient surtout aux jeunes ou aux trentenaires.

L’immobilier locatif et SCPI : le patrimoine tangible

Acheter un bien immobilier pour le louer génère des revenus réguliers. À la retraite, ces loyers constituent une source de revenu passive stable et croissante (indexée sur l’inflation). Pour ceux sans apport suffisant ou voulant éviter la gestion immobilière, les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) offrent une alternative : vous investissez dans un portefeuille immobilier géré professionnellement, recevant les dividendes.

L’immobilier offre un rendement brut de 3 à 5% annuels (loyers), auquel s’ajoute la potentielle appréciation du bien. La fiscalité peut être optimisée via des régimes spécifiques. Les SCPI affichent une gestion simplifiée et une liquidité variable selon le marché secondaire.

Concevoir une allocation d’actifs adaptée à votre profil et horizon

Avec ces outils en tête, comment les combiner ? La réponse réside dans une allocation d’actifs réfléchie, élaborée en fonction de votre profil de risque, de votre horizon temporel et de vos objectifs spécifiques.

L’allocation d’actifs est la décision d’investissement majeure. Les études montrent que 90% des variations de performance d’un portefeuille proviennent de l’allocation entre classes d’actifs (actions, obligations, immobilier, liquidités), non du choix spécifique de produits ou de la capacité de timing du marché.

Adapter votre allocation selon votre âge et tolérance au risque

Un jeune épargnant de 25 ans peut tolérer un portefeuille composé de 80% actions et 20% fonds euros ou obligations. À cet âge, les fluctuations court-terme importent peu ; seule compte la croissance long-terme. Un quadragénaire preferera une répartition 60/40 ou 50/50. Un proche de la retraite (55+) réduira les actions à 20-30%, privilégiant la sécurité.

Une règle simple : soustrayez votre âge à 110 (ou 100 pour les conservateurs) ; le résultat indique le pourcentage à investir en actions. À 35 ans : 110 – 35 = 75% en actions. À 60 ans : 110 – 60 = 50% en actions. Cette formule évolue avec vous naturellement.

Mais l’âge n’est qu’un indicateur. Un individu ayant hérité d’un capital important tolérera mieux les risques. Inversement, un parent monoparental avec peu d’épargne préférera la sécurité. Votre tolérance personnelle au risque prime sur les formules génériques.

Profil d’investisseur Âge approximatif Horizon Allocation recommandée Rendement moyen attendu
Agressif 20-35 ans 30+ années 80% actions / 20% obligations 6-8% annuels
Équilibré 35-50 ans 15-20 années 60% actions / 40% obligations 4-6% annuels
Conservateur 50-65 ans 5-15 années 30% actions / 70% obligations 2-4% annuels
Très conservateur 60+ ans 0-5 années 10% actions / 90% obligations, liquidités 1-2% annuels

L’importance de la diversification pour la gestion des risques

Un portefeuille investi à 100% en actions d’une unique entreprise porte un risque énorme. Une mauvaise nouvelle, et votre épargne fond. La diversification élimine ce risque « idiosyncratique ». En répartissant entre plusieurs classes d’actifs (actions, obligations, immobilier, liquidités) et dans chaque classe entre plusieurs titres ou régions, vous lissez les performances.

Un portefeuille diversifié de 100 entreprises et 100 obligations affichera une volatilité très inférieure à celui détenant 10 titres. La diversification ne garantit pas les gains, mais elle réduit les risques de perte majeure. C’est un principe du bon sens : ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier.

Les ETF facilitent cette diversification. Un ETF monde vous expose à 2 000+ entreprises en un seul achat. Préférez cette simplicité aux tentatives de sélection active, sauf expertise particulière.

Maîtriser la fiscalité pour optimiser votre épargne

La fiscalité est l’ennemie silencieuse de l’épargne. Ignorer les régimes fiscaux optimaux, c’est laisser de l’argent sur la table. Un rendement brut de 5% devenant 3% net d’impôts, c’est 40% de vos gains qui disparaissent.

Heureusement, l’État français offre plusieurs leviers de réduction fiscale pour inciter l’épargne retraite. Le PER, l’assurance-vie, le PEA : chacun a ses règles.

Profiter de la déductibilité du PER sur le revenu global

Le PER permet une déduction fiscale directe sur vos versements volontaires. Si vous versez 10 000 euros en PER et êtes imposé à 30% (considérant tous impôts : IR + prélèvements sociaux), vous gagnez 3 000 euros d’économies d’impôts directs. Ces 3 000 euros peuvent immédiatement être réinvestis en PER : c’est un coup de pouce de l’État.

Attention cependant : la déduction est plafonnée. Le plafond est le plus élevé des deux montants suivants : 10% de vos revenus professionnels ou 4 621 euros (en 2026). Pour un salarié gagnant 50 000 euros annuels, le plafond serait 5 000 euros. Au-delà, aucune déduction.

Utilisez ce mécanisme intelligemment. Chaque année, maximisez vos versements déductibles avant d’épargner elsewhere. C’est un avantage fiscal immédiat qu’aucun autre produit n’offre aussi généreusement.

La fiscalité de l’assurance-vie après 8 ans de détention

Une assurance-vie détenue plus de 8 ans bénéficie d’une fiscalité spéciale : les plus-values sont imposées à 7,5% (+ prélèvements sociaux) ou vous pouvez opter pour l’impôt sur le revenu progressif (souvent inférieur pour les petits revenus). C’est bien plus avantageux qu’un placement en compte titres imposé immédiatement à 17,2% + prélèvements sociaux.

De plus, après 8 ans et jusqu’à 150 000 euros par an de gains nets retirés, il existe un abattement spécifique qui réduit encore la fiscalité. Détenir une assurance-vie au moins 8 ans est donc clairement intéressant pour l’optimisation fiscale.

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) pour les investissements boursiers

Si vous comptez investir en actions européennes, le PEA (Plan d’Épargne en Actions) offre une exonération totale d’impôts sur les plus-values après 5 ans de détention. C’est formidable : toute croissance de votre portefeuille est entièrement vôtre. Un rendement brut de 6% devient 6% net, sans fiscalité.

Le plafond est 225 000 euros par personne. Au-delà, il faut un compte titre ordinaire. Pour les jeunes épargnants constituant un portefeuille boursier long terme, le PEA est l’outil idéal.

Mettre en place une stratégie d’épargne progressive et disciplinée

La théorie est belle, mais la pratique décide. Un plan d’épargne retraite réussit par la discipline régulière, non par les décisions spectaculaires. Versements mensuels constants, ajustements annuels, rééquilibrage périodique : voilà les vrais leviers.

La psychologie de l’épargne compte autant que les mathématiques financières. Les meilleurs épargnants appliquent une stratégie automatisée : un virement automatique de 300 euros le 1er de chaque mois vers le PER, sans même y penser. Cette « règle d’oubli » garantit une discipline infaillible.

Augmenter progressivement vos versements avec vos revenus

À chaque augmentation salariale, bonus ou héritage, augmentez vos versements d’épargne. Si vous gagnez 500 euros de plus, versez-en 250 à 300 en épargne retraite. Vous ne « ressentirez » pas cette augmentation puisque vous en profitiez pas auparavant. C’est le principe du « save more tomorrow » popularisé par les économistes comportementaux : épargner l’augmentation plutôt que la dépenser.

Un épargnant débutant à 200 euros mensuels (2 400 euros annuels) et augmentant de 50 euros chaque année atteindrait 500 euros mensuels à 55 ans. Sur 30 ans avec 4% de rendement, cela représente près de 250 000 euros. Même résultat, effort très supportable.

Rééquilibrer votre portefeuille une à deux fois par an

Après un an ou deux, votre allocation se décale. Les actions surperforment les obligations : vous aviez 60% actions, maintenant vous en avez 75%. Rééquilibrer consiste à vendre une partie des actions (qui se sont bien comportées) et acheter des obligations (qui ont moins performé) pour revenir à 60/40.

Ce rééquilibrage discipline votre psychologie : il force à vendre « haut » et acheter « bas », l’inverse de ce que font les émotions. Rééquilibrez une fois annuellement ou seulement si votre allocation s’écarte de plus de 5% de la cible. Cette règle mécanique génère surperfomance long terme.

Ajuster votre allocation avec le temps qui passe

Chaque 5 ans, révisez votre allocation. À 40 ans, si vous aviez 70% actions, passez à 65%. À 50 ans, de 60% à 55%. Ce glissement progressif réduit le risque au fur et à mesure de l’approche de la retraite, sans choc brutal.

Certains oublient cette dynamique et conservent une allocation « jeune » trop longtemps. À 60 ans avec 75% actions et un crash boursier, vos rêves de retraite s’évaporent. Anticiper ce glissement progressif est crucial.

Adapter votre plan aux événements de vie et changements professionnels

Un plan d’épargne n’est jamais statique. Perte d’emploi, héritage, changement familial, crise économique : la vie impose des ajustements. Un bon plan d’épargne retraite intègre cette flexibilité.

Prenons des exemples : Vous êtes licencié ; votre capacité d’épargne chute. Réduisez vos versements temporairement, mais ne cessez pas complètement. Vous revenez en CDI dans 6 mois ? Reprenez un rythme normal. Vous hérité de 100 000 euros ? Placez-les en assurance-vie ou PER selon vos axes prioritaires. Vous devenez indépendant ? Le PER s’adapter parfaitement, avec des seuils de déductibilité différents.

La flexibilité du PER ou de l’assurance-vie (à comparer au rigidité du PERP ancien) offre cette adaptabilité. Utilisez-la sans culpabilité. L’important est la trajectoire long terme, pas la perfection mensuelle.

Anticiper les cas de déblocage anticipé et les utiliser stratégiquement

Le PER n’est pas entièrement verrouillé jusqu’à 65 ans. Plusieurs cas permettent un déblocage anticipé : achat de résidence principale (pour vous aider à franchir le cap immobilier), invalidité personnelle ou familiale, surendettement. Ces dispositions existent pour vous aider dans les crises.

Utilisez-les stratégiquement. Si vous prévoyez un achat immobilier dans 8 ans, un versement important en PER peut financer une partie de l’apport, tout en bénéficiant des déductions fiscales actuelles. Vous débloquez ces fonds pour l’achat, puis recommencez à épargner en PER. C’est une utilisation intelligente du produit, non une contravention à son esprit.

Consulter les experts et éviter les pièges courants

Un plan d’épargne retraite optimal bénéficie souvent de conseils professionnels avisés. Comptable, conseiller en gestion de patrimoine, expert-comptable : ces professionnels maîtrisent les subtilités fiscales et les stratégies avancées. Leur honoraire (quelques centaines d’euros pour un bilan complet) se rentabilise rapidement par l’optimisation fiscale seule.

Les pièges à éviter : choisir des produits trop complexes ou chers (frais dépassant 1,5% annuels), concentrer ses investissements (une seule action, une seule région), paniquer lors des crises boursières, ignorer l’inflation, repousser indéfiniment (« je commencerai l’année prochaine »).

Les erreurs comportementales et comment les prévenir

La psychologie de l’épargne surpasse souvent les maths financières. Erreur classique : chercher le « bon moment » pour investir en actions. Vous attendez une baisse, la Bourse monte ; vous entrez, elle baisse. Le timing du marché est un jeu perdant. Une stratégie d’investissement régulière (versements mensuels constants) surperforme le timing : c’est la preuve statistique.

Autre erreur : l’excès de confiance. Après une bonne année de rendement, nombreux sont ceux qui augmentent le risque « puisque les actions montent bien ». C’est l’inverse qu’il faut faire : lors de rendements élevés, réaliser les plus-values et se rebalancer vers plus de sécurité. Vendez quand c’est euphonique, achetez quand c’est déprimant.

Enfin, l’inertie émotionnelle : détenir un placement « perdant » par crainte de constater la perte. Réaliser qu’un titre baisse est psychologiquement difficile, d’où l’hésitation à vendre. Or, un placement qui ne correspond plus à votre allocation est un poids mort : vendre et réinvestir dans l’allocation cible prime sur le biais émotionnel.

  • Automatisez tout : versements mensuels automatiques, rééquilibrages programmés, versements proportionnels au salaire
  • Ignorez le bruit : les gros titres sur « le crash imminent » ou « les meilleures actions 2026 » sont du noise ; adhérez à votre plan, ignorez les sirènes
  • Revoyez annuellement, jamais plus : résister à la tentation de « vérifier » le portefeuille chaque semaine crée de l’anxiety inutile
  • Comparez vos frais : un produit affichant 2% de frais annuels tue 40% de votre rendement long terme ; privilégiez les frais < 0,5%
  • Documentez vos objectifs : écrivez votre plan d’épargne retraite, vos objectifs, votre allocation cible ; relisez-le avant d’agir par panique

Optimiser votre plan d’épargne retraite à différents stades de vie

Les besoins et possibilités évoluent avec l’âge. Un plan pertinent à 30 ans peut devenir obsolète à 55 ans. Les grandes transitions professionnelles ou familiales imposent une révision complète.

En phase jeune et accumulation (20-40 ans)

C’est l’âge d’or : horizon long, salaire en croissance, peu de charges souvent. Maximisez l’épargne et acceptez le risque. Une allocation 75-80% actions/20-25% obligatoires est adaptée. Utilisez le PER pour bénéficier des déductions fiscales, complétez par un PEA pour les investissements boursiers (exonération fiscale long terme), et considérez une assurance-vie flexible pour la diversification.

Versements réguliers : minimum 200 euros mensuels, mieux 300-400 si votre situation permet. À 400 euros mensuels pendant 30 ans avec 5% rendement, vous accumulez 300 000 euros.

En phase médiane et consolidation (40-55 ans)

Les enfants grandissent, le salaire se stabilise ou augmente, le crédit immobilier peut être proche du remboursement. C’est le moment d’augmenter les versements. Une allocation 60-65% actions/35-40% obligations convient. Le PER reste pertinent, l’assurance-vie en fonds euros se justifie davantage (sécurité croissante).

Versements : 400-600 euros mensuels idéalement. Revoyez votre bilan retraite aux alentours de 50 ans : où en êtes-vous par rapport à vos objectifs ? Reste-t-il un écart ? Accentuez alors les versements, ou révisez légèrement vos projections de retraite à la baisse.

En phase pré-retraite et préservation (55-65 ans)

La ligne d’arrivée approche. De plus en plus, la sécurité prime. Une allocation 40-50% actions/50-60% obligations/liquidités est classique. Les versements peuvent augmenter (car on approche de la retraite, l’urgence monte), mais la composition du portefeuille basculet vers la sécurité.

À 55 ans, ouvrir un PER peut sembler tardif, mais c’est faux : même 10 ans d’épargne avec déductions fiscales l’année valent le coût. Privilégiez la certitude. Les assurances-vie avec fonds euros à 3-4% et les obligations deviennent essentielles.

Simulez précisément : avec vos placements actuels, votre future pension légale et vos dépenses projetées, serez-vous à l’aise ? S’il manque 20 000 euros annuels, versez agressivement pour les 10 prochaines années.

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